Cancer et glyphosate, la science a t-elle son mot à dire?

Cancer et glyphosate, la science a t-elle son mot à dire?

Cancer et glyphosate, la science a t-elle son mot à dire?

D’après un article récemment paru du Journal of the National Cancer Institute, l’utilisation du glyphosate n’est pas directement associé de façon statistiquement significative à une hausse du risque relatif de cancer. Cependant, une hausse du risque relatif de leucémie myéloïde aiguë a été constaté. De plus, dans la presse, le traitement qui est réservé à ce travail de recherche s’est avéré vraiment différent d’un média à l’autre. Mais alors, qui a raison?

Le 9 novembre 2017, le Journal of the National Cancer Institute a publié en ligne un article nommé : “Glyphosate Use and Cancer Incidence in the Agricultural Health Study (AHS)” (utilisation du glyphosate et incidence de cancers chez les agriculteurs de la cohorte AHS). Les résultats principaux affichés dans cette publication sont les suivants : “dans l’échantillon d’agriculteurs étudié (voir plus loin), l’utilisation de glyphosate n’est pas associée de façon statistiquement significative à une augmentation du risque relatif de cancer, quel que soit le type de cancer étudié. Une augmentation du risque relatif de leucémie myéloïde aigüe a toutefois été constatée pour les agriculteurs soumis au plus fort niveau d’exposition, mais cette augmentation n’est pas statistiquement significative.” Cet article qui a été très attendu, a été relayé et commenté de nombreuses fois dans la presse les jours qui ont suivi sa publication.

Les limites de méthodes et d’échantillonnage

La première limite concerne la façon d’évaluer le niveau d’exposition chez les individus qui utilisent le glyphosate. En effet, cette évaluation est basée sur des déclarations faites par des agriculteurs eux-mêmes au cours de leur adhésion au programme de recherche, et cinq année après le lancement du programme (donnée de suivi). À partir de ces déclarations, un score d’intensité d’exposition est calculé avec l’aide d’un algorithme. Toutefois, les données de suivi n’étaient pas disponible pour 37% des agriculteurs participants à l’étude. Le niveau d’exposition pour cette grande partie de l’échantillon a donc été estimé avec une méthode d’imputation statistique qui valorise les données démographiques, médicales, ainsi que les caractéristiques connues des exploitations agricoles. Une autre limite de ce travail de recherche concerne la structure de l’échantillon qui a été étudié, elle comprend très majoritairement des hommes (97,3%) blancs (97,2%).

Des agriculteurs bien protégés

Outre ces limites, les résultats de l’analyse statistique réalisée attire une interrogation. Les auteurs de cette publication ont ajusté de façon très pertinente, les risques estimés en fonctions d’autres facteurs de risques connus comme : l’âge, le niveau de consommation d’alcool et de tabac, antécédents familiaux, niveau d’utilisation des cinq pesticides les plus souvent associés au glyphosate. Afin de s’affranchir d’éventuelle confusion d’effets, qui ont été constatés dans des études antérieurs. L’absence de risques tient donc du niveau d’équipements des agriculteurs, ils sont souvent équipés de combinaisons intégrale et de masque qui filtre l’air, ce qui réduit considérablement les effets néfastes que peut dégager le glyphosate.

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